« LES RESISTANCES FRANÇAISES A LA GUERRE D’ALGERIE »

lundi 23 janvier 2012
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Mercredi 29 Février de 9H30 à 19H se déroulera la journée :

COLLOQUES

« LES RESISTANCES FRANÇAISES A LA GUERRE D’ALGERIE »

Avec les deux guerres du Vietnam, la guerre d’Algérie fut la plus importante lutte de libération nationale engagée par un peuple colonisé. Elle a profondément marqué la société française en raison de la proximité du conflit, de l’horreur accumulée et de sa durée, elle l’a profondément marquée en envoyant une génération de jeunes Français faire une sale guerre coloniale, elle l’a profondément marquée du fait de la présence en France de plus de 200 000 travailleurs algériens, présence physique, présence militante, que l’on pouvait refuser de reconnaître, mais qu’il était impossible de ne pas voir, elle l’a profondément marquée parce que la République a vacillé sous la menace des factieux.

Les chemins d’une résistance française à cette guerre seront étroits : depuis l’école, l’Algérie c’est la France, le discours colonial est quotidiennement asséné par le pouvoir et les médias, les préjugés racistes bien réels : bougnoules, ratons, pire encore fellagha, les mots appartiennent au langage quotidien. Malgré cela, des consciences alertées par les enseignements de la guerre d’Indochine, d’autres parce qu’elles ont des liens avec l’Algérie travaillent ou militent au côté d’Algériens, d’autres encore, la rose et le réséda, animées par leurs convictions, s’engagent dans la voie du refus. Un choix le plus souvent personnel et, jusqu’aux Accords d’Évian, le choix d’une minorité.

Réfractaires, insoumis, déserteurs, membres des réseaux de soutien, front judiciaire et éditorial, solidarité et fraternité avec le peuple algérien en lutte pour son indépendance, refus de faire une guerre coloniale, il y a une « génération algérienne », comme il y eut une « génération de la résistance » ou la « génération de mai soixante-huit ». L’objet de ce colloque, à partir de synthèses d’historiens et du témoignage d’acteurs, est de susciter des échanges, de débattre, cinquante ans après, de cette résistance politique et intellectuelle, des choix qu’elle a suscités, de son importance comme de ses limites, mais aussi d’entendre combien les exemples de cette solidarité sont actuels.

Thématique du Colloque

I. Appelés/rappelés, Syndicalistes, Mouvement étudiant (10h/12h30)

II. Fédération de France, Soutien, Insoumission (14h/16h30)

III. Front judiciaire, Front éditorial, 121 et autres appels (16h45/19h)

Les sessions seront introduites par trois historiens (sujet de thèse) Linda Amiri, Histoire de la Fédération de France du FLN Julien Hage : Feltrinelli, Maspero, Wagenbach, une nouvelle génération d’éditeurs politiques d’extrême gauche en Europe occidentale, histoire comparée, histoire croisée, 1955-1982 Tramor Quemeneur : Insoumissions, refus d’obéissance et désertions de soldats français pendant la guerre d’Algérie.

Lors des sessions interviendront des acteurs : réfractaires, insoumis, déserteurs, membres des réseaux de soutien, éditeurs, avocats ; parmi ceux ayant confirmé leur présence : Michel Barthélémy, Clara et Henri Benoist, Jean-Philippe Bernigaud, Joyce Blau, François Bonicel, Pierre Braun, Gérard Chaliand, Sybile Chapeu, Nadia Cheyrouze, Jean Clavel, Fannny Colonna, Catherine Cot, Lucien Fouques, Pierre Gaudez, André Gazut, Stanislas Hutin, Adolfo Kaminski, Jean Lagrave, Maurice Lambiotte, Anne Leduc, Alban Liechti, Diego Masson, Mohamed Mechati, Augustine Rabarin-Salvietti, Nicole Rein, Annette Roger (sous réserve), Paul Thibaud, Jean Vandart…

Acteurs du projet : Nils Andersson, Julien Hage, Henri Pouillot, Tramor Quemeneur

Le colloque sera suivi d’une projection de films : "Des hommes de loi dans la tourmente" et Le Refus


Des hommes de loi dans la tourmente, de Luc Decaster - 2004-56 min - Couleur

Synopsis :

Luc Decaster s’est interrogé sur l’histoire de cette magistrature marquée par la guerre d’Algérie. Des témoignages d’hommes de loi, juges et avocats, particulièrement précieux aujourd’hui, pour rompre le silence devenu institutionnalisé au moment, et longtemps après, les fameux « évènements ». « Les destins individuels ont rencontré des événements de grande portée historique : la guerre a bousculé des magistrats qui n’y étaient pas préparés. (...) Filmer des lieux, des personnages, c’est aussi pour nous, à partir de ces matières visibles ou entendues, désirer mettre à nu les mécanismes de l’histoire qui ont pu faire qu’un individu préparé à une telle fonction, avec une éthique dans son accomplissement, en vienne à ne pas réagir face à la négation des principes de droit élémentaire que la société à laquelle il se réfère a établi. »

AU CENTRE CULTUREL ALGERIEN, 171 RUE DE LA CROIX-NIVERT, PARIS 15e. Métro Boucicaut, Félix Faure, Convention, Bus 39, 62, 80



Commentaires

samedi 11 février 2012 à 14h36

Je signale l’ouvrage d’Hélène BRACCO Pour avoir dit non Actes de refus dans la guerre d’Algérie (Paris Méditerranée (2003)

vendredi 10 février 2012 à 15h57

C’est là une question qui mérite attention et réponse, les acteurs participants au colloque s’exprimeront à ce sujet, vous y êtes le bienvenu.

Nils Andersson

jeudi 26 janvier 2012 à 07h20

IL YA EU AUSSI UN PARTI POLITIQUE QUI A
MILITE CONTRE LA QUERRE D’ALGERIE(pourqu’oi ce silence ??)