LE CAMP DE THIAROYE d’Ousmane SEMBENE

lundi 23 janvier 2012
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Lundi 27 Février, 20 Heures,

PROJECTION DU FILM

LE CAMP DE THIAROYE, d’Ousmane SEMBENE

Dans le cadre d’Illegal Cinema aux Laboratoires d’Aubervilliers (41 rue Lecuyer) ; film présenté par Monsieur Kandé Diawara|

Sénégal 1988 2h25 VO

Avec Ibrahim Sane, Dansogho Mohamed Camara, Jean-Daniel Simon, Gabriel Zahon… Scénario d’Ousmane Sembene et Thierno Faty Sow.

Ce film, quasiment jamais montré en France, raconte une histoire vraie se déroulant à la fin de la deuxième guerre mondiale, un épisode dramatique et accablant pour l’armée coloniale française en Afrique. En 1944, les fameux tirailleurs sénégalais, qui avaient quitté Dakar pour aller se battre en Europe contre les nazis aux côtés des troupes françaises, reviennent au pays. On les installe dans un camp de transit, à Thiaroye, avant de leur donner leur solde et de les rendre à leur famille. Certains d’entre eux ont connu les camps de concentration allemands et sont traumatisés à vie. Beaucoup on pris part à la résistance, ont appartenu à la 2ème DB de Leclerc qui, partie de Fort Lamy, a combattu les Italiens et les Allemands dans le Sahara. Tous ont vu l’horreur de la guerre en Europe, la barbarie des blancs entre eux, ceux-là même qui se disaient civilisés et tellement supérieurs. Il n’y a plus de « toutbab « , de blancs mythiques pour eux. Ils ont payé pour le savoir. Dès lors ils ne comprennent pas pourquoi, de retour en Afrique, on les traîte à nouveau en pauvres nègres, on les nourrit mal, on les méprise. Ces traîtements indignes, inhumains, racistes, vont conduire à la tragédie… Le film de Sembene est sans doute un peu long, mais il vaut absolument le détour pour la force de l’histoire qu’il raconte, pour la pertinence des questions qu’il pose, pour l’urgence des débats qu’il continue de susciter.

« Jamais pays au monde n’aura, autant que la France, été redevable de sa liberté et de sa dignité aux peuples basanés » (René Naba)

Un an après la bourrasque lepéniste aux élections présidentielles françaises, première consultation populaire à l’échelon national du XXIe siècle, le journaliste René Naba se livre à un dépistage des non-dits de la conscience française pour expliquer les dérives répétitives de la France. Du bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français (Ed. L’Harmattan, 2002) se propose de recentrer le débat sur le fait migratoire en mettant l’imaginaire français à l’épreuve des faits historiques et de la réalité quotidienne nationale en vue d’apporter sa contribution à la mutation post-coloniale de la France. A l’initiative de la radio La Clé des ondes, l’auteur, ancien responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’Agence France-Presse, pur produit du multiculturalisme français, sera présent à Bordeaux – le plus puissant port négrier français et épicentre de notre histoire coloniale – pour lancer le débat un an après l’écrasement de la gauche. Avant le débat, sera projeté Le Camp de Thiaroye, du cinéaste sénagalais Ousmane Sembene, en hommage à la contribution des « Bougnoules » à la dignité, à la liberté et à la prospérité de la France.

Texte extrait de la gazette Utopia Bordeaux




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