Les lauréats 2012 du prix du colonialiste et du prix de la Françafrique sont enfin connus !

mercredi 29 février 2012
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Deux membres du gouvernement, le président d’une entité administrative, l’armée et la plus grande banque française sont lauréats du prix du colonialiste ou du prix de la Françafrique 2011 : sans nul doute, le colonialisme et la Françafrique constituent plus que jamais le fondement politique et idéologique de nos institutions et de nos gouvernants.

Le prix du colonialiste de l’année et le prix de la Françafrique 2011 ont été rendus publics lors du salon anticolonial, sis à la Bellevilloise ce samedi 25 février, par le jury associatif de Sortir du Colonialisme et Survie [1]. Cette année 503 personnes ont voté sur Internet et plus de 100 personnes étaient présents lors de la cérémonie, pour participer au très sérieux vote à l’applaudimètre.

Dans la catégorie du colonialiste de l’année, le prix des internautes a été décerné à M. Claude Guéant : en bon « multirécidiviste du racisme », l’actuel Ministre de l’Intérieur, de l’Outre Mer, des collectivités territoriales et de l’immigration a été très prolixe en 2011. On peut retenir un discours du 17 mars 2011 : « Les Français, à force d’immigration incontrôlée, ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux, ou bien ils ont le sentiment de voir des pratiques qui s’imposent à eux et qui ne correspondent pas aux règles de notre vie sociale », explique ce jour-là Claude Guéant ; ou ses propos du 24 mars 2011, sur l’hôpital et les signes religieux, qui ont embarrassé jusque dans son propre camp : « Les agents des services publics évidemment ne doivent pas porter de signes religieux, manifester une quelconque préférence religieuse, mais les usagers du service public ne (le) doivent pas non plus » ; ou enfin son effort final pour rafler le casque colonial, trophée du lauréat : « Contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas. »

Le prix du public, avec mention « jeune espoir » a été décernée à M. Arno Klarsfeld, président du CA de l’OFII (Office Français de l’immigration et de l’intégration) par le fait du prince depuis septembre 2011, pour ses propos lourdement racistes et xénophobes à l’égard des étrangers quels qu’ils soient. En guise d’entrée dans ses fonctions, Arno Klarsfeld a évoqué le « renvoi des Roms est un mal nécessaire » et le droit de vote des étrangers aux élections locales inconcevable – une vision toute personnelle de l’intégration.

Les autres nominés étaient la Droite populaire, divers élus UMP, Jean-Jacques Jordi, Richard Prasquier.

Pour le prix de la Françafrique, les internautes ont voté pour M. Alain Juppé, actuel Ministre des Affaires Etrangères, fier de l’interventionnisme militaire français en Afrique en cette année 2011 (Côte d’Ivoire, Libye, …), et refusant « la repentance ». Alain Juppé a certainement eu un atout majeur pour gagner le prix : il était ministre des affaires étrangères lors du soutien français au régime génocidaire au Rwanda en 1994.

Deux autres piliers de la Françafrique ont remporté le prix du public, à savoir le secteur bancaire et l’armée française. BNP - Paribas, l’une de banques européennes les mieux implantées dans les paradis fiscaux, a été élue.

La Force Licorne est également sortie vainqueur pour ses exploits en 2011 : présente depuis bientôt 10 ans en Côte D’ivoire où elle maintient l’influence militaire, économique et monétaire française pour un coût global estimé à 3 milliards d’Euros. La Force Licorne s’est violemment illustrée en 2011, en aidant la rébellion à installer Alhassane Ouattara au pouvoir par le soutien de l’avancée éclair des forces rebelles sur la capitale et des bombardements sur la capitale économique ivoirienne. Elle avait déjà fait une soixantaine de morts en 2004.

Étaient nominés : l’entreprise Amesys, Paul Biya, le général Tauzin.

Le casque colonial et le prix de la Françafrique seront remis prochainement aux lauréats.


[1] association menant des campagnes d’information et d’interpellation des citoyens et des élus pour une réforme de la politique de la France en Afrique



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