PRIX DU LIVRE ANTICOLONIAL

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lundi 6 mars 2017
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BENIAICHE Kamel, Sétif, la fosse commune : massacres du 8 mai 1945, préf. Gilles Manceron, éditions El Ibriz (Alger), 2016, 336 p.

Les massacres du 8 mai 1945 en Algérie ne se sont pas limités aux villes de Sétif, Guelma et Kherrata. En s’appuyant sur des documents d’historiens, des coupures de presse, mais surtout des témoignages, l’auteur revient sur le déroulement des événements lors de ce triste "mardi noir", une journée qui a vu des manifestations pacifiques se transformer en véritable bain de sang. Les nombreux témoignages, ceux des rescapés, des membres de familles déportés ou d’autres enterrés dans des fosses communes, ont été recueillis par l’auteur dans la région durant une enquête qui a duré plus de douze ans. Des survivants de cette tragédie ont ainsi été rencontrés dans des villages comme El Ouricia (10 km de Sétif) où militaires français et colons constitués en milices ont arrêté et tué plusieurs dizaines d’Algériens, dont plusieurs militants du Parti du peuple algérien (PPA).

SIVAN Eyal, LABORIE Armelle, Un boycott légitime : pour le BDS universitaire et culturel de l’État d’Israël, La Fabrique, 2016, 184 p.

Pour l’État d’Israël, la principale exportation, ce ne sont ni les mandarines ni les avocats, ni même les armements ou les systèmes sécuritaires : l’essentiel, c’est la promotion d’une image, celle de l’"énergie créative" pour tout ce qui touche à la culture. Or cette vitrine culturelle, comme le prestige de l’université israélienne, masquent une tout autre réalité : les liens entre cette université et l’institution militaire, le rôle de l’université dans la recherche de nouveaux outils de combat et de renseignement, la discrimination des étudiants palestiniens, l’absence de protestation contre les guerres menées à Gaza… Et l’évidence que les écrivains, artistes et cinéastes du soi-disant "camp de la paix" ne sont que des dissidents officiels tout à fait inoffensifs. Cette réalité-là explique le succès exponentiel dans le monde entier du boycott académique et culturel d’Israël, un mode de résistance parfaitement légitime, qui ne concerne pas les personnes mais les institutions et ceux qu’elles soutiennent. D’où les réactions très vives du pouvoir israélien contre ce qu’il considère désormais comme une "menace existentielle".



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