Marche du 27 Mai 1967

dimanche 21 mai 2017
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Le 27 mai 2017, en alliance avec un collectif d’associations et des syndicats, le mouvement culturel guadeloupéen “Doubout Pou Mé 67” commémore le cinquantenaire de l’histoire d’un crime d’État commis sur le peuple Guadeloupéen, où de nombreux ouvriers, lycéens et passants ont été victimes d’un véritable massacre perpétré par les autorités coloniales françaises, du 26 au 28 mai 1967.

Historique : Après une première vague de débrayages en mars 1967, le 24 mai soit deux mois après, les ouvriers du bâtiment entrent en grève et “réclament 2% d’augmentation et la parité en matière de droits sociaux comme en métropole”.

Le 26 mai 1967, à Pointe-à-Pitre, à la Chambre de Commerce, se tiennent les négociations. Le patronat, représenté par M. Brizzard, refuse toute augmentation : "Quand les nègres auront faim, ils reprendront le travail !", déclare t-il. La colère des manifestants monte. Les forces de l’ordre menée par les CRS “Képis rouges” de l’escadron de gendarmerie mobile de Bapaum (Pas-de-Calais) envoyés par le gouvernement de Charles De Gaulle s’apprêtent. Puis c’est l’Affrontement !

Il s’ensuit une répression sanglante dans les rues de Pointe-à-Pitre menée par les “Képis rouges”. Un premier bilan officiel fera état de 8 morts. Mais en 1985, Georges Lemoine, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur et de la décentralisation, chargé des Départements et des Territoires d’Outre-Mer du gouvernement de Laurent Fabius, déclarait que la répression des événements de mai 1967 avait coûté la vie à 87 personnes.

Tandis que lors d’une interview dans l’émission "Parlons net" du 20 février 2009, Madame Christiane Taubira, députée de Guyane, évoque « 100 morts ». Tout comme le peuple Guadeloupéen ne cessera d’évoquer un nombre bien au delà, de pertes de vies humaines .

Quelque soit le nombre de vies perdues, aujourd’hui, les Guadeloupéens veulent faire toute la lumière sur cette affaire. Par le biais de la commémoration de ce cinquantenaire, en Guadeloupe comme dans l’hexagone, la voix des Guadeloupéens s’élève pour réclamer “la Vérité, la Justice et les Réparations liées à ce crime d’Etat”. Ils se mobiliseront aussi pour réclamer que cesse le harcèlement et les poursuites judiciaires contre les syndicalistes guadeloupéens, alors que le 31 mai Elie Domota, secrétaire général de l’UGTG et porte parole du LKP passera en procès à Pointe à Pitre.

C’est dans ce cadre mémoriel que le “Kolèktif Doubout Pou Mé 67”, en alliance avec les partenaires signataires de cette commémoration, lancent cet appel :

➢ Pour la Reconnaissance de ce crime colonial,

➢ L’ouverture totale des Archives,

➢ La Vérité et Justice pour les Victimes et leurs familles,

➢ Les Réparations liées aux préjudices,

➢ La Condamnation de l’État responsable.

Le Kolèktif

Tony Mango : 06 67 09 10 26

Théo Lubin : 07 81 97 97 88

Organisations signataires :

Le Kolèktif Doubout pou Mé 67, et l’alliance (en lyannaj) avec la marche “Lumière pour les anciens” (Limyè pou lézansyen) de Choukaj Mas Pari, Miyo, Bwa bandé, Ka Fratèrnité, Mas Libérasyon, Mas Mélé, Mas Aiyo, Mas an Bistan, Vibwasyon a Mas, Karibean Mas, Asosyasyon Eritaj.

Avec le soutien syndical : Union syndicale Solidaires, Union syndicale CGT/DOM, CNT, Syndicat des Travailleurs Corses, USTKE, l’UGTG…

Le collectif d’associations :

AFASPA, ATTAC, Anomymous, CDISCOM (Comores-Mayotte), Cahier d’Histoire, Cedetim/Ipam, Collectif féministe Ruptures, CIFORDOM, Collectif Fathy Koumba, le Collectif James Baldwin, Collectif Solidarité Kanaky, CIPN, Comité Mahorais, Comité d’Organisation du 10 Mai, Conscious Éducation Éditions, Corelso (Sahara), le CRAN, Droits Devant, Femmes Plurielles, Fondation Frantz Fanon, FUIQP, MJKF Mouvement des Jeunes Kanaks en France, le MIR (France, Martinique, Guadeloupe, Guyane), le MRAP, Les Oranges, P’Jilow, Sortir du Colonialisme, 2h pour nous, 2h pour Kamita…

*Mas conscient : Défilé de Mas ; groupe à pied et percussion à peau



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